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mardi 27 octobre
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Yûsuf (paix sur lui) : du puits au palais, trois leçons pour aujourd’hui

L’histoire de Yûsuf (paix sur lui) racontée d’après la sourate 12 : jalousie, puits, prison et retrouvailles, puis trois leçons de patience, de droiture et de pardon.

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Un vieux puits de pierre dans le désert au lever du soleil, avec au loin des greniers et un palais égyptien sous les dernières étoiles.

Le plus beau des récits

La sourate 12 du Coran porte le nom de Yûsuf (paix sur lui), le Joseph de la Bible. C’est la seule sourate qui raconte, du début à la fin et d’un seul tenant, l’histoire d’un prophète. Allah la présente Lui-même ainsi :

نَحْنُ نَقُصُّ عَلَيْكَ أَحْسَنَ ٱلْقَصَصِ بِمَآ أَوْحَيْنَآ إِلَيْكَ هَٰذَا ٱلْقُرْءَانَ وَإِن كُنتَ مِن قَبْلِهِۦ لَمِنَ ٱلْغَٰفِلِينَ

Nous te racontons le meilleur récit, grâce à la révélation que Nous te faisons dans ce Coran même si tu étais auparavant du nombre des inattentifs (à ces récits).
Coran Yusuf 12:3 · Traduction Muhammad HamidullahLire dans le Coran

Le Prophète ﷺ a souligné la noblesse exceptionnelle de cette lignée :

حَدَّثَنَا إِسْحَاقُ بْنُ مَنْصُورٍ، أَخْبَرَنَا عَبْدُ الصَّمَدِ، حَدَّثَنَا عَبْدُ الرَّحْمَنِ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ، عَنْ أَبِيهِ، عَنِ ابْنِ عُمَرَ ـ رضى الله عنهما ـ عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم أَنَّهُ قَالَ ‏ "‏ الْكَرِيمُ ابْنُ الْكَرِيمِ ابْنِ الْكَرِيمِ ابْنِ الْكَرِيمِ يُوسُفُ ابْنُ يَعْقُوبَ بْنِ إِسْحَاقَ بْنِ إِبْرَاهِيمَ ـ عَلَيْهِمُ السَّلاَمُ ‏"‏‏.‏

Rapporté par ‘Abdullâh ibn ‘Umar (qu’Allah les agrée)

Le Prophète ﷺ a dit : « Le noble, fils du noble, fils du noble, fils du noble : Yûsuf, fils de Ya‘qûb, fils d’Ishâq, fils d’Ibrâhîm (paix sur eux). »
Sahîh al-Bukhârî n° 3382Sahîh (authentique) · al-BukhârîVoir sur sunnah.com
Traduction Tawakoul ; le texte arabe fait référence.

Le mot الْكَرِيم (al-karîm) signifie à la fois noble, généreux et digne. Quatre générations de prophètes se succèdent dans cette phrase. Pourtant, la sourate ne raconte pas une vie facile : elle montre comment un enfant trahi par ses frères devient, avec patience et droiture, un homme qui pardonne. Vous pouvez aussi découvrir son histoire illustrée.

L’histoire en bref, d’après le Coran

  • Le rêve : enfant, Yûsuf voit en songe onze étoiles, le soleil et la lune se prosterner devant lui. Son père Ya‘qûb (paix sur lui) lui conseille de ne pas le raconter à ses frères (versets 4 et 5).
  • La jalousie : les frères, persuadés que leur père leur préfère Yûsuf et son jeune frère, décident de l’éloigner. L’un d’eux propose de le jeter au fond d’un puits plutôt que de le tuer (versets 8 à 10).
  • Le mensonge : ils rapportent sa tunique tachée d’un faux sang en prétendant qu’un loup l’a dévoré (versets 16 à 18).
  • L’exil : une caravane le recueille et le vend en Égypte. Il grandit dans la maison d’un haut dignitaire, al-‘Azîz (versets 19 à 22).
  • L’épreuve : la femme de son maître tente de le séduire ; il refuse et finit injustement en prison, où il reste quelques années (versets 23 à 42).
  • La délivrance : il interprète le rêve du roi, annonce sept années d’abondance suivies de sept années de disette, et devient responsable des réserves du pays (versets 43 à 56).
  • Les retrouvailles : la famine pousse ses frères à venir chercher du grain. Il finit par se faire reconnaître, leur pardonne et fait venir toute la famille (versets 58 à 101).

Première leçon : la belle patience

Quand ses fils lui annoncent la mort de Yûsuf, Ya‘qûb (paix sur lui) ne les croit pas, mais il ne crie pas et ne rompt pas avec eux :

وَجَآءُو عَلَىٰ قَمِيصِهِۦ بِدَمٍۢ كَذِبٍۢ ۚ قَالَ بَلْ سَوَّلَتْ لَكُمْ أَنفُسُكُمْ أَمْرًۭا ۖ فَصَبْرٌۭ جَمِيلٌۭ ۖ وَٱللَّهُ ٱلْمُسْتَعَانُ عَلَىٰ مَا تَصِفُونَ

Ils apportèrent sa tunique tachée d'un faux sang. Il dit: «Vos âmes, plutôt, vous ont suggéré quelque chose... [Il ne me reste plus donc] qu'une belle patience! C'est Allah qu'il faut appeler au secours contre ce que vous racontez!»
Coran Yusuf 12:18 · Traduction Muhammad HamidullahLire dans le Coran

La « belle patience », صَبْرٌ جَمِيل (sabrun jamîl), est expliquée par les commentateurs comme une patience sans plainte adressée aux gens. Elle n’empêche pas la tristesse : des années plus tard, Ya‘qûb pleure encore son fils et dit : « Je ne me plains qu’à Allah de mon déchirement et de mon chagrin » (verset 86). On peut avoir le cœur brisé et rester patient : la plainte se dit à Allah, dans la prière et l’invocation.

Yûsuf, lui, traverse le puits, l’exil et la prison sans perdre sa foi ni sa bonté. En prison, il écoute ses compagnons, leur explique leurs rêves et leur parle de l’unicité d’Allah, le التَّوْحِيد (tawhîd) (versets 37 à 40). Le Prophète ﷺ a décrit cet état du croyant qui trouve du bien en toute situation :

حَدَّثَنَا هَدَّابُ بْنُ خَالِدٍ الأَزْدِيُّ، وَشَيْبَانُ بْنُ فَرُّوخَ، جَمِيعًا عَنْ سُلَيْمَانَ بْنِ الْمُغِيرَةِ، - وَاللَّفْظُ لِشَيْبَانَ - حَدَّثَنَا سُلَيْمَانُ، حَدَّثَنَا ثَابِتٌ، عَنْ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ أَبِي لَيْلَى، عَنْ صُهَيْبٍ، قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏ "‏ عَجَبًا لأَمْرِ الْمُؤْمِنِ إِنَّ أَمْرَهُ كُلَّهُ خَيْرٌ وَلَيْسَ ذَاكَ لأَحَدٍ إِلاَّ لِلْمُؤْمِنِ إِنْ أَصَابَتْهُ سَرَّاءُ شَكَرَ فَكَانَ خَيْرًا لَهُ وَإِنْ أَصَابَتْهُ ضَرَّاءُ صَبَرَ فَكَانَ خَيْرًا لَهُ ‏"‏ ‏.‏

Rapporté par Suhayb (qu’Allah l’agrée)

Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Étonnante est l’affaire du croyant : tout ce qui lui arrive est un bien pour lui, et cela n’appartient qu’au croyant. S’il lui arrive un bonheur, il remercie, et c’est un bien pour lui. S’il lui arrive un malheur, il patiente, et c’est un bien pour lui. »
Sahîh Muslim n° 2999aSahîh (authentique) · MuslimVoir sur sunnah.com
Traduction Tawakoul ; le texte arabe fait référence.

Aujourd’hui, l’épreuve peut être une injustice au travail, une maladie, une rupture ou une attente qui dure. La sourate n’enseigne pas que tout ira vite, mais que rien n’est perdu auprès d’Allah. Pour aller plus loin, voir La patience (sabr) au quotidien.

Deuxième leçon : rester droit quand personne ne regarde

Dans la maison de son maître, Yûsuf est jeune, seul, loin des siens, et les portes sont fermées. Sa réponse tient en deux mots, مَعَاذَ اللَّه (ma‘âdha Allâh), « qu’Allah me protège », suivis d’un rappel du bon accueil qu’il a reçu (verset 23). Lorsqu’on le menace de prison, il adresse cette prière :

قَالَ رَبِّ ٱلسِّجْنُ أَحَبُّ إِلَىَّ مِمَّا يَدْعُونَنِىٓ إِلَيْهِ ۖ وَإِلَّا تَصْرِفْ عَنِّى كَيْدَهُنَّ أَصْبُ إِلَيْهِنَّ وَأَكُن مِّنَ ٱلْجَٰهِلِينَ

Il dit: «O mon Seigneur, la prison m'est préférable à ce à quoi elles m'invitent. Et si Tu n'écartes pas de moi leur ruse, je pencherai vers elles et serai du nombre des ignorants» [des pécheurs].
Coran Yusuf 12:33 · Traduction Muhammad HamidullahLire dans le Coran

Yûsuf ne se croit pas plus fort que la tentation : il demande l’aide d’Allah et préfère perdre sa liberté plutôt que sa droiture. Le Prophète ﷺ a compté parmi les sept personnes qu’Allah abritera de Son ombre au Jour du Jugement un homme sollicité par une femme de rang et de beauté, qui répond : « Je crains Allah » (rapporté par al-Bukhârî et Muslim).

Plus tard, quand le roi veut le libérer, Yûsuf refuse de sortir tant que son innocence n’a pas été reconnue (verset 50). Le Prophète ﷺ a salué cette patience en disant que, s’il était resté en prison aussi longtemps que Yûsuf, il aurait répondu tout de suite à celui qui venait le chercher (rapporté par al-Bukhârî et Muslim). La vérité et l’honneur comptaient plus pour Yûsuf qu’une sortie rapide.

Pour nous, cette leçon se joue souvent devant un écran, dans un bureau vide ou face à une occasion de tricher. La droiture, c’est ce que l’on fait quand personne ne nous voit, sauf Allah.

Troisième leçon : pardonner quand on a le pouvoir

Des années plus tard, les frères se tiennent devant Yûsuf, devenu responsable des réserves d’Égypte, sans le reconnaître. Il pourrait se venger. Voici ce qu’il dit :

قَالَ هَلْ عَلِمْتُم مَّا فَعَلْتُم بِيُوسُفَ وَأَخِيهِ إِذْ أَنتُمْ جَٰهِلُونَ ﴿89﴾ قَالُوٓا۟ أَءِنَّكَ لَأَنتَ يُوسُفُ ۖ قَالَ أَنَا۠ يُوسُفُ وَهَٰذَآ أَخِى ۖ قَدْ مَنَّ ٱللَّهُ عَلَيْنَآ ۖ إِنَّهُۥ مَن يَتَّقِ وَيَصْبِرْ فَإِنَّ ٱللَّهَ لَا يُضِيعُ أَجْرَ ٱلْمُحْسِنِينَ ﴿90﴾ قَالُوا۟ تَٱللَّهِ لَقَدْ ءَاثَرَكَ ٱللَّهُ عَلَيْنَا وَإِن كُنَّا لَخَٰطِـِٔينَ ﴿91﴾ قَالَ لَا تَثْرِيبَ عَلَيْكُمُ ٱلْيَوْمَ ۖ يَغْفِرُ ٱللَّهُ لَكُمْ ۖ وَهُوَ أَرْحَمُ ٱلرَّٰحِمِينَ ﴿92﴾

(89) - Il dit: «Savez-vous ce que vous avez fait de Joseph et de son frère alors que vous étiez ignorants? [injustes]». (90) - Ils dirent: «Est-ce que tu es... Certes, tu es Joseph!» - Il dit: «Je suis Joseph, et voici mon frère. Certes, Allah nous a favorisés. Quiconque craint et patiente... Et très certainement, Allah ne fait pas perdre la récompense des bienfaisants». (91) - Ils dirent: «Par Allah! Vraiment Allah t'a préféré à nous et nous avons été fautifs». (92) - Il dit: «Pas de récrimination contre vous aujourd'hui! Qu'Allah vous pardonne. C'est Lui Le plus Miséricordieux des miséricordieux.
Coran Yusuf 12:89-92 · Traduction Muhammad HamidullahLire dans le Coran

لَا تَثْرِيبَ عَلَيْكُمُ الْيَوْمَ (lâ tathrîba ‘alaykumu al-yawm) : « pas de reproche contre vous aujourd’hui ». Il ne les humilie pas, ne réclame pas d’excuses détaillées, et demande même à Allah de leur pardonner. Plus tard, en racontant son histoire, il remercie Allah de l’avoir fait sortir de prison, sans évoquer le puits, et attribue la discorde au Diable plutôt qu’à ses frères (verset 100). C’est une délicatesse rare : ne pas rouvrir la blessure de ceux à qui l’on a pardonné.

Le Prophète ﷺ a montré que le pardon élève celui qui l’accorde :

حَدَّثَنَا يَحْيَى بْنُ أَيُّوبَ، وَقُتَيْبَةُ، وَابْنُ، حُجْرٍ قَالُوا حَدَّثَنَا إِسْمَاعِيلُ، - وَهُوَ ابْنُ جَعْفَرٍ - عَنِ الْعَلاَءِ، عَنْ أَبِيهِ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ ‏ "‏ مَا نَقَصَتْ صَدَقَةٌ مِنْ مَالٍ وَمَا زَادَ اللَّهُ عَبْدًا بِعَفْوٍ إِلاَّ عِزًّا وَمَا تَوَاضَعَ أَحَدٌ لِلَّهِ إِلاَّ رَفَعَهُ اللَّهُ ‏"‏ ‏.‏

Rapporté par Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée)

Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « L’aumône ne diminue en rien les biens. Allah n’ajoute à un serviteur qui pardonne que de l’honneur. Et personne ne se fait humble pour Allah sans qu’Allah ne l’élève. »
Sahîh Muslim n° 2588aSahîh (authentique) · MuslimVoir sur sunnah.com
Traduction Tawakoul ; le texte arabe fait référence.

Pardonner ne veut pas dire nier ce qui s’est passé ni se remettre en danger. Le récit montre d’ailleurs que les frères ont changé : ils proposent que l’un d’eux soit retenu à la place du plus jeune, et l’aîné refuse de rentrer sans lui (versets 78 à 80). Le pardon peut prendre du temps ; il reste, dans la sourate, le sommet de l’histoire.

Jalousie entre frères et sœurs : un message pour les familles

La sourate commence par une jalousie, le حَسَد (hasad), qui a failli tourner au drame. Le Prophète ﷺ a mis en garde contre ce poison :

حَدَّثَنَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ مَسْلَمَةَ بْنِ قَعْنَبٍ، حَدَّثَنَا دَاوُدُ، - يَعْنِي ابْنَ قَيْسٍ - عَنْ أَبِي، سَعِيدٍ مَوْلَى عَامِرِ بْنِ كُرَيْزٍ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏"‏ لاَ تَحَاسَدُوا وَلاَ تَنَاجَشُوا وَلاَ تَبَاغَضُوا وَلاَ تَدَابَرُوا وَلاَ يَبِعْ بَعْضُكُمْ عَلَى بَيْعِ بَعْضٍ وَكُونُوا عِبَادَ اللَّهِ إِخْوَانًا ‏.‏ الْمُسْلِمُ أَخُو الْمُسْلِمِ لاَ يَظْلِمُهُ وَلاَ يَخْذُلُهُ وَلاَ يَحْقِرُهُ ‏.‏ التَّقْوَى هَا هُنَا ‏"‏ ‏.‏ وَيُشِيرُ إِلَى صَدْرِهِ ثَلاَثَ مَرَّاتٍ ‏"‏ بِحَسْبِ امْرِئٍ مِنَ الشَّرِّ أَنْ يَحْقِرَ أَخَاهُ الْمُسْلِمَ كُلُّ الْمُسْلِمِ عَلَى الْمُسْلِمِ حَرَامٌ دَمُهُ وَمَالُهُ وَعِرْضُهُ ‏"‏ ‏.‏

Rapporté par Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée)

Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Ne vous enviez pas, ne surenchérissez pas les uns contre les autres, ne vous haïssez pas, ne vous tournez pas le dos, et que nul d’entre vous ne vende par-dessus la vente d’un autre. Soyez, serviteurs d’Allah, des frères. Le musulman est le frère du musulman : il ne l’opprime pas, ne l’abandonne pas et ne le méprise pas. La piété est ici », et il désigna sa poitrine trois fois. « Il suffit comme mal à un homme de mépriser son frère musulman. Tout le musulman est sacré pour le musulman : son sang, ses biens et son honneur. »
Sahîh Muslim n° 2564aSahîh (authentique) · MuslimVoir sur sunnah.com
Traduction Tawakoul ; le texte arabe fait référence.

Pour les parents, quelques pistes inspirées du récit :

  • passer du temps seul à seul avec chaque enfant, pour que chacun se sente aimé ;
  • éviter les comparaisons (« ton frère, lui, il… ») et les surnoms blessants ;
  • rester discret sur ce qui pourrait attiser la jalousie, comme Ya‘qûb l’a conseillé à Yûsuf (verset 5) ;
  • prendre au sérieux les rancœurs entre enfants avant qu’elles ne grandissent ;
  • montrer l’exemple du pardon après une dispute.

La sourate se termine par ce rappel : ces récits ne sont pas inventés, ils sont une leçon pour les gens doués d’intelligence (verset 111).

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Pourquoi la sourate Yûsuf est-elle appelée « le plus beau des récits » ?

C’est le Coran lui-même qui la présente ainsi au verset 3. Elle raconte d’un seul tenant toute la vie d’un prophète, de l’enfance aux retrouvailles avec sa famille, et réunit de nombreuses leçons : patience, droiture, confiance en Allah et pardon.

Yûsuf et Joseph sont-ils le même prophète ?

Oui, Yûsuf (paix sur lui) est le prophète que la Bible appelle Joseph, fils de Jacob. Le récit coranique partage les grandes lignes de l’histoire mais en diffère sur plusieurs détails ; cet article s’appuie uniquement sur le Coran et les hadiths authentiques.

Comment s’appelait la femme d’al-‘Azîz ?

Ni le Coran ni les hadiths authentiques ne la nomment. Le nom « Zulaykha » vient de traditions plus tardives, tout comme l’idée d’un mariage avec Yûsuf. On peut le rencontrer dans certaines traductions, mais il n’est pas établi par les sources sûres.

Que signifie « sabrun jamîl », la belle patience ?

C’est la réponse de Ya‘qûb (paix sur lui) à la disparition de son fils (verset 18). Les commentateurs l’expliquent comme une patience sans plainte adressée aux gens : on peut pleurer et être triste, mais on confie sa peine à Allah.

Quelle leçon tirer de l’histoire de Yûsuf pour les familles ?

Le récit montre comment une jalousie entre frères peut grandir jusqu’au drame, et comment le pardon peut réunir une famille. Pour les parents, il invite à veiller à l’équité, à éviter les comparaisons et à donner l’exemple de la réconciliation.

Mots arabes de cet article

Karîm كريم
Noble, généreux et digne : le mot employé par le Prophète ﷺ pour décrire Yûsuf et ses ancêtres.
Sabrun jamîl صبر جميل
La « belle patience » : endurer l’épreuve sans se plaindre aux gens, en confiant sa peine à Allah.
Ma‘âdha Allâh معاذ الله
« Qu’Allah me protège » : formule par laquelle on cherche refuge auprès d’Allah face à une tentation ou un mal.
Tathrîb تثريب
Le reproche, le blâme répété ; Yûsuf dit à ses frères qu’il n’y en aura aucun contre eux.
Tawhîd توحيد
L’unicité d’Allah : croire qu’Il est le seul Dieu et n’adorer que Lui.
Hasad حسد
La jalousie, l’envie : désirer que l’autre perde ce qu’il a reçu.
Glossaire

Sources et références

Chaque référence a été contrôlée automatiquement : existence du verset ou du hadith, numérotation sunnah.com, degré d’authenticité selon les savants.

  1. Coran 12:3Vérifiéquran.com
  2. Coran 12:18Vérifiéquran.com
  3. Coran 12:33Vérifiéquran.com
  4. Coran 12:89-92Vérifiéquran.com
  5. Coran 12:23Vérifié« qu’Allah me protège »quran.com
  6. Coran 12:50VérifiéYûsuf refuse de sortir de prison avant que son innocence soit reconnuequran.com
  7. Coran 12:86Vérifié« je ne me plains qu’à Allah »quran.com
  8. Coran 12:100Vérifiéle Diable a semé la discorde entre mes frères et moiquran.com
  9. Coran 12:111Vérifiéquran.com
  10. Sahîh al-Bukhârî n° 3382Sahîh (authentique) · al-Bukhârî (recueil authentique par consensus)VérifiéVoir sur sunnah.com
  11. Sahîh Muslim n° 2999aSahîh (authentique) · Muslim (recueil authentique par consensus)VérifiéVoir sur sunnah.com
  12. Sahîh Muslim n° 2588aSahîh (authentique) · Muslim (recueil authentique par consensus)VérifiéVoir sur sunnah.com
  13. Sahîh Muslim n° 2564aSahîh (authentique) · Muslim (recueil authentique par consensus)VérifiéVoir sur sunnah.com
  14. Tafsîr al-Qur’ân al-‘Azîm, commentaire de la sourate Yûsuf — Ibn KathîrRéférence bibliographique

Dans l’application

Cet article est une synthèse pédagogique : il résume des sources vérifiées et ne constitue pas une fatwa. Les détails de pratique peuvent varier selon les écoles. Pour une situation personnelle, consultez une personne qualifiée. Signaler une erreur