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mardi 27 octobre
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Abû Bakr as-Siddîq : la fidélité d’un compagnon

Qui était Abû Bakr as-Siddîq (qu’Allah l’agrée) ? Sa foi sans hésitation, la hijra, sa générosité et son humilité, racontées d’après le Coran et des hadiths authentiques.

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L’entrée d’une petite grotte dans une montagne rocheuse au crépuscule, deux bâtons de marche appuyés contre la roche sous un ciel étoilé.

Qui était Abû Bakr ?

Abû Bakr as-Siddîq (qu’Allah l’agrée), de son nom ‘Abdullâh ibn ‘Uthmân, appartenait à la tribu de Quraysh, à La Mecque. Commerçant respecté, ami du Prophète ﷺ bien avant la révélation, il fut l’un des tout premiers à croire en son message. Il est le père de ‘Â’isha (qu’Allah l’agrée), le premier calife de l’islam, et il repose à Médine, à côté du Prophète ﷺ.

Cet article retrace sa vie à partir du Coran et des hadiths authentiques uniquement. Beaucoup de récits circulent à son sujet : nous signalons ceux dont l’authenticité n’est pas établie.

« Il dit vrai » : l’origine d’un surnom

Son surnom, الصِّدِّيق (as-Siddîq), désigne celui dont la sincérité est totale, qui confirme la vérité sans hésiter. Le Prophète ﷺ l’a lui-même expliqué, un jour où Abû Bakr venait de se disputer avec ‘Umar :

حَدَّثَنِي هِشَامُ بْنُ عَمَّارٍ، حَدَّثَنَا صَدَقَةُ بْنُ خَالِدٍ، حَدَّثَنَا زَيْدُ بْنُ وَاقِدٍ، عَنْ بُسْرِ بْنِ عُبَيْدِ اللَّهِ، عَنْ عَائِذِ اللَّهِ أَبِي إِدْرِيسَ، عَنْ أَبِي الدَّرْدَاءِ ـ رضى الله عنه ـ قَالَ كُنْتُ جَالِسًا عِنْدَ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم إِذْ أَقْبَلَ أَبُو بَكْرٍ آخِذًا بِطَرَفِ ثَوْبِهِ حَتَّى أَبْدَى عَنْ رُكْبَتِهِ، فَقَالَ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم ‏"‏ أَمَّا صَاحِبُكُمْ فَقَدْ غَامَرَ ‏"‏‏.‏ فَسَلَّمَ، وَقَالَ إِنِّي كَانَ بَيْنِي وَبَيْنَ ابْنِ الْخَطَّابِ شَىْءٌ فَأَسْرَعْتُ إِلَيْهِ ثُمَّ نَدِمْتُ، فَسَأَلْتُهُ أَنْ يَغْفِرَ لِي فَأَبَى عَلَىَّ، فَأَقْبَلْتُ إِلَيْكَ فَقَالَ ‏"‏ يَغْفِرُ اللَّهُ لَكَ يَا أَبَا بَكْرٍ ‏"‏‏.‏ ثَلاَثًا، ثُمَّ إِنَّ عُمَرَ نَدِمَ فَأَتَى مَنْزِلَ أَبِي بَكْرٍ فَسَأَلَ أَثَمَّ أَبُو بَكْرٍ فَقَالُوا لاَ‏.‏ فَأَتَى إِلَى النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم، فَسَلَّمَ فَجَعَلَ وَجْهُ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم يَتَمَعَّرُ حَتَّى أَشْفَقَ أَبُو بَكْرٍ، فَجَثَا عَلَى رُكْبَتَيْهِ فَقَالَ يَا رَسُولَ اللَّهِ، وَاللَّهِ أَنَا كُنْتُ أَظْلَمَ مَرَّتَيْنِ‏.‏ فَقَالَ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم ‏"‏ إِنَّ اللَّهَ بَعَثَنِي إِلَيْكُمْ فَقُلْتُمْ كَذَبْتَ‏.‏ وَقَالَ أَبُو بَكْرٍ صَدَقَ‏.‏ وَوَاسَانِي بِنَفْسِهِ وَمَالِهِ، فَهَلْ أَنْتُمْ تَارِكُو لِي صَاحِبِي ‏"‏‏.‏ مَرَّتَيْنِ فَمَا أُوذِيَ بَعْدَهَا‏.‏

Rapporté par Abû ad-Dardâ’ (qu’Allah l’agrée)

J’étais assis auprès du Prophète ﷺ lorsque Abû Bakr arriva en tenant le bord de son vêtement, au point de découvrir son genou. Le Prophète ﷺ dit : « Votre compagnon vient d’avoir une dispute. » Abû Bakr salua et dit : « Il y a eu quelque chose entre le fils d’al-Khattâb et moi. Je me suis emporté contre lui, puis je l’ai regretté et je lui ai demandé de me pardonner, mais il a refusé. Alors je suis venu vers toi. » Le Prophète ﷺ dit trois fois : « Qu’Allah te pardonne, ô Abû Bakr. » Puis ‘Umar regretta, se rendit chez Abû Bakr et demanda s’il était là ; on lui répondit que non. Il vint alors auprès du Prophète ﷺ et le salua, et le visage du Prophète ﷺ se mit à changer, au point qu’Abû Bakr eut de la peine pour ‘Umar. Il se mit à genoux et dit par deux fois : « Ô Messager d’Allah, par Allah, c’est moi qui ai été le plus injuste. » Le Prophète ﷺ dit : « Allah m’a envoyé vers vous, et vous avez dit : “Tu mens”, tandis qu’Abû Bakr a dit : “Il dit vrai.” Et il m’a soutenu de sa personne et de ses biens. Allez-vous donc laisser en paix mon compagnon ? » Il le répéta deux fois, et personne ne fit plus de tort à Abû Bakr après cela.
Sahîh al-Bukhârî n° 3661Sahîh (authentique) · al-BukhârîVoir sur sunnah.com
Traduction Tawakoul ; le texte arabe fait référence.

Ce hadith dit beaucoup en peu de mots. Au moment où presque tous accusaient le Prophète ﷺ de mentir, Abû Bakr a cru et l’a dit. Il ne s’est pas contenté de paroles : il l’a soutenu de sa personne et de ses biens. On y voit aussi un homme capable de s’emporter, de regretter, de demander pardon, puis de prendre la défense de celui avec qui il s’était disputé. Le Prophète ﷺ l’a d’ailleurs appelé « siddîq » devant d’autres compagnons, sur le mont Uhud (rapporté par al-Bukhârî).

Le compagnon de la hijra

En 622, les musulmans de La Mecque, persécutés, émigrent vers Médine : c’est la الْهِجْرَة (hijra). Selon le long récit de ‘Â’isha rapporté par al-Bukhârî, Abû Bakr avait préparé deux montures pendant des mois, dans l’espoir d’accompagner le Prophète ﷺ. Quand l’autorisation de partir arriva, il demanda : « La compagnie, ô Messager d’Allah ? » et reçut cette réponse : « Oui, la compagnie. » Le Prophète ﷺ accepta l’une des montures, mais en insistant pour la payer.

Toute la famille participa. Sa fille Asmâ’ coupa sa ceinture pour attacher le sac de provisions, ce qui lui valut le surnom de « celle à la ceinture ». Son fils ‘Abdullâh passait la nuit auprès d’eux et leur rapportait les nouvelles de La Mecque. Son affranchi ‘Âmir ibn Fuhayra faisait paître des brebis près de la grotte pour leur apporter du lait. Ils engagèrent même comme guide un homme qui n’était pas musulman, mais en qui ils avaient confiance.

Le Coran a immortalisé le moment le plus tendu, lorsque les deux hommes se cachaient pendant trois nuits dans la grotte de Thawr :

إِلَّا تَنصُرُوهُ فَقَدْ نَصَرَهُ ٱللَّهُ إِذْ أَخْرَجَهُ ٱلَّذِينَ كَفَرُوا۟ ثَانِىَ ٱثْنَيْنِ إِذْ هُمَا فِى ٱلْغَارِ إِذْ يَقُولُ لِصَٰحِبِهِۦ لَا تَحْزَنْ إِنَّ ٱللَّهَ مَعَنَا ۖ فَأَنزَلَ ٱللَّهُ سَكِينَتَهُۥ عَلَيْهِ وَأَيَّدَهُۥ بِجُنُودٍۢ لَّمْ تَرَوْهَا وَجَعَلَ كَلِمَةَ ٱلَّذِينَ كَفَرُوا۟ ٱلسُّفْلَىٰ ۗ وَكَلِمَةُ ٱللَّهِ هِىَ ٱلْعُلْيَا ۗ وَٱللَّهُ عَزِيزٌ حَكِيمٌ

Si vous ne lui portez pas secours... Allah l'a déjà secouru, lorsque ceux qui avaient mécru l'avaient banni, deuxième de deux. Quand ils étaient dans la grotte et qu'il disait à son compagnon: «Ne t'afflige pas, car Allah est avec nous.» Allah fit alors descendre sur Lui Sa sérénité «Sa sakîna» et le soutint de soldats (Anges) que vous ne voyiez pas, et Il abaissa ainsi la parole des mécréants, tandis que la parole d'Allah eut le dessus. Et Allah est Puissant et Sage.
Coran At-Tawba 9:40 · Traduction Muhammad HamidullahLire dans le Coran

Le « deuxième de deux », c’est Abû Bakr. Il raconta qu’en levant la tête il voyait les pieds de leurs poursuivants et dit : « Si l’un d’eux regardait à ses pieds, il nous verrait ! » Le Prophète ﷺ répondit : « Que penses-tu, Abû Bakr, de deux dont Allah est le troisième ? » (rapporté par al-Bukhârî et Muslim). Les commentateurs soulignent que sa crainte était d’abord pour le Prophète ﷺ.

Un ami unique et généreux

« Si je devais prendre un ami intime… »

Aucun compagnon n’a été aussi proche du Prophète ﷺ. Celui-ci l’a exprimé par une formule unique :

حَدَّثَنَا مُسْلِمُ بْنُ إِبْرَاهِيمَ، حَدَّثَنَا وُهَيْبٌ، حَدَّثَنَا أَيُّوبُ، عَنْ عِكْرِمَةَ، عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ ـ رضى الله عنهما ـ عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم قَالَ ‏ "‏ وَلَوْ كُنْتُ مُتَّخِذًا مِنْ أُمَّتِي خَلِيلاً لاَتَّخَذْتُ، أَبَا بَكْرٍ وَلَكِنْ أَخِي وَصَاحِبِي ‏"‏‏.‏

Rapporté par Ibn ‘Abbâs (qu’Allah les agrée)

Le Prophète ﷺ a dit : « Si je devais prendre un ami intime parmi ma communauté, j’aurais pris Abû Bakr. Mais il est mon frère et mon compagnon. »
Sahîh al-Bukhârî n° 3656Sahîh (authentique) · al-BukhârîVoir sur sunnah.com
Traduction Tawakoul ; le texte arabe fait référence.

Le mot خَلِيل (khalîl) désigne l’ami intime, celui dont l’amour remplit le cœur au point de ne laisser de place à personne d’autre. Le Prophète ﷺ réservait ce degré d’attachement à Allah seul, mais il précise aussitôt la place d’Abû Bakr : « mon frère et mon compagnon ». À ‘Amr ibn al-‘Âs qui lui demandait quelle personne il aimait le plus, il répondit : « ‘Â’isha », puis, parmi les hommes : « son père » (rapporté par al-Bukhârî et Muslim).

Une générosité sans calcul

Abû Bakr était un commerçant aisé, et il a mis sa fortune au service de l’islam. Le Prophète ﷺ a dit que personne ne l’avait autant soutenu qu’Abû Bakr par sa compagnie et par ses biens (rapporté par al-Bukhârî et Muslim). Il affranchit notamment des croyants réduits en esclavage et maltraités à cause de leur foi, comme Bilâl ; ‘Umar disait : « Abû Bakr est notre maître, et il a affranchi notre maître », en parlant de Bilâl (rapporté par al-Bukhârî).

Sa générosité a pourtant connu une épreuve. Mistah, un parent pauvre qu’il aidait, avait participé à la calomnie lancée contre ‘Â’isha. Blessé, Abû Bakr jura de ne plus rien lui donner. Allah révéla alors ce verset :

وَلَا يَأْتَلِ أُو۟لُوا۟ ٱلْفَضْلِ مِنكُمْ وَٱلسَّعَةِ أَن يُؤْتُوٓا۟ أُو۟لِى ٱلْقُرْبَىٰ وَٱلْمَسَٰكِينَ وَٱلْمُهَٰجِرِينَ فِى سَبِيلِ ٱللَّهِ ۖ وَلْيَعْفُوا۟ وَلْيَصْفَحُوٓا۟ ۗ أَلَا تُحِبُّونَ أَن يَغْفِرَ ٱللَّهُ لَكُمْ ۗ وَٱللَّهُ غَفُورٌۭ رَّحِيمٌ

Et que les détenteurs de richesse et d'aisance parmi vous, ne jurent pas de ne plus faire des dons aux proches, aux pauvres, et à ceux qui émigrent dans le sentier d'Allah. Qu'ils pardonnent et absolvent. N'aimez-vous pas qu'Allah vous pardonne? et Allah est Pardonneur et Miséricordieux!
Coran An-Noor 24:22 · Traduction Muhammad HamidullahLire dans le Coran

Abû Bakr répondit : « Si, par Allah, j’aime qu’Allah me pardonne ! » et il reprit son aide à Mistah (rapporté par al-Bukhârî et Muslim). Donner à celui qui nous a blessé est sans doute l’une des plus hautes formes de générosité.

Humble et ferme dans l’épreuve

Malgré son rang, Abû Bakr restait inquiet pour lui-même. Quand le Prophète ﷺ mit en garde contre celui qui laisse traîner son vêtement par orgueil, Abû Bakr s’inquiéta, car un pan de son vêtement glissait s’il n’y prenait pas garde ; le Prophète ﷺ le rassura : « Tu n’es pas de ceux qui le font par orgueil » (rapporté par al-Bukhârî). Pendant sa dernière maladie, le Prophète ﷺ le chargea de diriger la prière ; ‘Â’isha fit remarquer que son père était un homme sensible, qui pleurait en récitant le Coran (rapporté par al-Bukhârî et Muslim).

Le Prophète ﷺ a rappelé que l’humilité élève celui qui la vit :

حَدَّثَنَا يَحْيَى بْنُ أَيُّوبَ، وَقُتَيْبَةُ، وَابْنُ، حُجْرٍ قَالُوا حَدَّثَنَا إِسْمَاعِيلُ، - وَهُوَ ابْنُ جَعْفَرٍ - عَنِ الْعَلاَءِ، عَنْ أَبِيهِ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ ‏ "‏ مَا نَقَصَتْ صَدَقَةٌ مِنْ مَالٍ وَمَا زَادَ اللَّهُ عَبْدًا بِعَفْوٍ إِلاَّ عِزًّا وَمَا تَوَاضَعَ أَحَدٌ لِلَّهِ إِلاَّ رَفَعَهُ اللَّهُ ‏"‏ ‏.‏

Rapporté par Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée)

Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « L’aumône ne diminue en rien les biens. Allah n’ajoute à un serviteur qui pardonne que de l’honneur. Et personne ne se fait humble pour Allah sans qu’Allah ne l’élève. »
Sahîh Muslim n° 2588aSahîh (authentique) · MuslimVoir sur sunnah.com
Traduction Tawakoul ; le texte arabe fait référence.

Son humilité n’était pas de la faiblesse. Le jour de la mort du Prophète ﷺ, les compagnons étaient bouleversés, et certains refusaient d’y croire. Abû Bakr entra, embrassa le visage du Prophète ﷺ, puis sortit et dit : « Celui qui adorait Muhammad, Muhammad est mort ; celui qui adore Allah, Allah est vivant et ne meurt pas. » Puis il récita ce verset (rapporté par al-Bukhârî) :

وَمَا مُحَمَّدٌ إِلَّا رَسُولٌۭ قَدْ خَلَتْ مِن قَبْلِهِ ٱلرُّسُلُ ۚ أَفَإِي۟ن مَّاتَ أَوْ قُتِلَ ٱنقَلَبْتُمْ عَلَىٰٓ أَعْقَٰبِكُمْ ۚ وَمَن يَنقَلِبْ عَلَىٰ عَقِبَيْهِ فَلَن يَضُرَّ ٱللَّهَ شَيْـًۭٔا ۗ وَسَيَجْزِى ٱللَّهُ ٱلشَّٰكِرِينَ

Muhammad n'est qu'un messager - des messagers avant lui sont passés -. S'il mourait, donc, ou s'il était tué, retourneriez-vous sur vos talons? Quiconque retourne sur ses talons ne nuira en rien à Allah; et Allah récompensera bientôt les reconnaissants.
Coran Aal-i-Imraan 3:144 · Traduction Muhammad HamidullahLire dans le Coran

Ibn ‘Abbâs rapporte que c’était comme si les gens ignoraient que ce verset avait été révélé, jusqu’à ce qu’Abû Bakr le récite ; tous se mirent alors à le répéter.

Ce que sa vie nous apprend aujourd’hui

  • La fidélité : rester aux côtés de ceux qu’on aime dans les moments difficiles, pas seulement quand tout va bien.
  • La sincérité : croire et agir, sans attendre que tout le monde soit d’accord.
  • La générosité : partager ses biens, même avec quelqu’un qui nous a déçus.
  • L’humilité : reconnaître ses torts, demander pardon, défendre même celui avec qui l’on s’est disputé.
  • La lucidité dans l’épreuve : rappeler, quand tout vacille, que seul Allah est éternel.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Pourquoi Abû Bakr est-il appelé as-Siddîq ?

As-Siddîq signifie celui qui confirme la vérité avec une sincérité totale. Dans un hadith rapporté par al-Bukhârî, le Prophète ﷺ rappelle que les gens lui avaient dit « tu mens » alors qu’Abû Bakr avait dit « il dit vrai ». Le Prophète ﷺ l’a aussi appelé ainsi sur le mont Uhud.

Quel rôle Abû Bakr a-t-il joué pendant la hijra ?

Il a accompagné le Prophète ﷺ de La Mecque à Médine, après avoir préparé les montures, et s’est caché avec lui trois nuits dans la grotte de Thawr. Le Coran le désigne comme le « deuxième de deux » (sourate 9, verset 40). Toute sa famille a participé à l’organisation du voyage.

Abû Bakr était-il le meilleur ami du Prophète ﷺ ?

Oui : le Prophète ﷺ a dit que, s’il devait prendre un ami intime parmi sa communauté, il prendrait Abû Bakr, mais qu’il était « mon frère et mon compagnon ». Il a aussi cité son nom quand on lui a demandé quel homme il aimait le plus.

L’histoire de l’araignée et des colombes devant la grotte est-elle authentique ?

Ces récits ne figurent pas dans les recueils d’al-Bukhârî et de Muslim, et leurs chaînes de transmission sont discutées par les spécialistes. Le Coran retient l’essentiel : Allah a protégé Son Messager et fait descendre sur lui Sa sérénité.

Où Abû Bakr est-il enterré ?

Il est mort à Médine en l’an 13 de l’hégire (634), après environ deux ans de califat. Il repose à côté du Prophète ﷺ, dans l’ancienne chambre de ‘Â’isha, aujourd’hui intégrée à la mosquée du Prophète.

Mots arabes de cet article

Siddîq صدّيق
Celui dont la sincérité est totale et qui confirme la vérité sans hésiter ; surnom d’Abû Bakr.
Sahâbî صحابي
Compagnon : musulman qui a rencontré le Prophète ﷺ en croyant en lui et qui est mort musulman.
Hijra هجرة
L’émigration du Prophète ﷺ et des musulmans de La Mecque vers Médine en 622, point de départ du calendrier musulman.
Khalîl خليل
L’ami intime, dont l’amour remplit tout le cœur ; le Prophète ﷺ réservait ce degré à Allah.
Sakîna سكينة
La sérénité, la paix intérieure qu’Allah fait descendre dans les cœurs au moment de la peur.
Khalîfa خليفة
Le calife, successeur du Prophète ﷺ à la tête de la communauté ; Abû Bakr fut le premier.
Glossaire

Sources et références

Chaque référence a été contrôlée automatiquement : existence du verset ou du hadith, numérotation sunnah.com, degré d’authenticité selon les savants.

  1. Coran 9:40Vérifiéquran.com
  2. Coran 24:22Vérifiéquran.com
  3. Coran 3:144Vérifiéquran.com
  4. Sahîh al-Bukhârî n° 3661Sahîh (authentique) · al-Bukhârî (recueil authentique par consensus)VérifiéVoir sur sunnah.com
  5. Sahîh al-Bukhârî n° 3656Sahîh (authentique) · al-Bukhârî (recueil authentique par consensus)VérifiéVoir sur sunnah.com
  6. Sahîh Muslim n° 2588aSahîh (authentique) · Muslim (recueil authentique par consensus)VérifiéVoir sur sunnah.com
  7. Sahîh al-Bukhârî, livre des mérites des compagnons du Prophète ﷺ — al-BukhârîRéférence bibliographiquesunnah.com

Dans l’application

Cet article est une synthèse pédagogique : il résume des sources vérifiées et ne constitue pas une fatwa. Les détails de pratique peuvent varier selon les écoles. Pour une situation personnelle, consultez une personne qualifiée. Signaler une erreur