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mardi 27 octobre
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Tenir sa langue : médisance, mensonge et parole bonne

Médisance, colportage, mensonge, rumeurs en ligne : ce que disent le Coran et la sunna sur la parole, et des gestes concrets pour mieux tenir sa langue au quotidien.

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Une plume posée sur un carnet fermé à côté d’un smartphone éteint, sur une table en bois, symbole d’une parole mesurée.

La parole, un bienfait qui engage

La langue est l’un des plus beaux bienfaits d’Allah : elle permet d’invoquer, d’enseigner, de consoler, de réconcilier. Mais elle est aussi l’organe avec lequel on blesse le plus vite, souvent sans s’en rendre compte. Le Coran rappelle que chaque mot compte : l’homme « ne prononce pas une parole sans avoir auprès de lui un observateur prêt à l’inscrire » (50:18).

Le Prophète ﷺ a résumé toute l’éthique de la parole en une règle simple :

حَدَّثَنِي عَبْدُ الْعَزِيزِ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ، حَدَّثَنَا إِبْرَاهِيمُ بْنُ سَعْدٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنْ أَبِي سَلَمَةَ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ ـ رضى الله عنه ـ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏ "‏ مَنْ كَانَ يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الآخِرِ فَلْيَقُلْ خَيْرًا، أَوْ لِيَصْمُتْ، وَمَنْ كَانَ يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الآخِرِ فَلاَ يُؤْذِ جَارَهُ، وَمَنْ كَانَ يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الآخِرِ فَلْيُكْرِمْ ضَيْفَهُ ‏"‏‏.‏

Rapporté par Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée)

Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier dise du bien ou se taise. Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier ne fasse pas de tort à son voisin. Et que celui qui croit en Allah et au Jour dernier honore son hôte. »
Sahîh al-Bukhârî n° 6475Sahîh (authentique) · al-BukhârîVoir sur sunnah.com
Traduction Tawakoul ; le texte arabe fait référence.

Il a aussi défini le musulman comme « celui dont les musulmans sont à l’abri de la langue et de la main » (al-Bukhârî n° 10). La langue est citée avant la main : une parole peut faire plus de mal qu’un geste.

La médisance : dire vrai, mais dans le dos

Beaucoup pensent que médire, c’est mentir sur quelqu’un. Le Prophète ﷺ a corrigé cette idée en posant une définition très précise :

حَدَّثَنَا يَحْيَى بْنُ أَيُّوبَ، وَقُتَيْبَةُ، وَابْنُ، حُجْرٍ قَالُوا حَدَّثَنَا إِسْمَاعِيلُ، عَنِ الْعَلاَءِ، عَنْ أَبِيهِ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ ‏"‏ أَتَدْرُونَ مَا الْغِيبَةُ ‏"‏ ‏.‏ قَالُوا اللَّهُ وَرَسُولُهُ أَعْلَمُ ‏.‏ قَالَ ‏"‏ ذِكْرُكَ أَخَاكَ بِمَا يَكْرَهُ ‏"‏ ‏.‏ قِيلَ أَفَرَأَيْتَ إِنْ كَانَ فِي أَخِي مَا أَقُولُ قَالَ ‏"‏ إِنْ كَانَ فِيهِ مَا تَقُولُ فَقَدِ اغْتَبْتَهُ وَإِنْ لَمْ يَكُنْ فِيهِ فَقَدْ بَهَتَّهُ ‏"‏ ‏.‏

Rapporté par Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée)

Le Messager d’Allah ﷺ demanda : « Savez-vous ce qu’est la médisance ? » Ils répondirent : « Allah et Son Messager savent mieux. » Il dit : « C’est mentionner ton frère par ce qu’il déteste. » On lui demanda : « Et si ce que je dis se trouve réellement chez mon frère ? » Il répondit : « Si ce que tu dis se trouve chez lui, tu as médit de lui ; et si cela ne se trouve pas chez lui, tu l’as calomnié. »
Sahîh Muslim n° 2589aSahîh (authentique) · MuslimVoir sur sunnah.com
Traduction Tawakoul ; le texte arabe fait référence.

La غِيبَة (ghîba, médisance) concerne donc des choses vraies. Si c’est faux, on parle de بُهْتَان (buhtân, calomnie), ce qui est encore plus grave. Le Coran emploie une image volontairement choquante pour en faire sentir la laideur :

يَٰٓأَيُّهَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُوا۟ ٱجْتَنِبُوا۟ كَثِيرًۭا مِّنَ ٱلظَّنِّ إِنَّ بَعْضَ ٱلظَّنِّ إِثْمٌۭ ۖ وَلَا تَجَسَّسُوا۟ وَلَا يَغْتَب بَّعْضُكُم بَعْضًا ۚ أَيُحِبُّ أَحَدُكُمْ أَن يَأْكُلَ لَحْمَ أَخِيهِ مَيْتًۭا فَكَرِهْتُمُوهُ ۚ وَٱتَّقُوا۟ ٱللَّهَ ۚ إِنَّ ٱللَّهَ تَوَّابٌۭ رَّحِيمٌۭ

O vous qui avez cru! Evitez de trop conjecturer [sur autrui] car une partie des conjectures est péché. Et n'espionnez pas; et ne médisez pas les uns des autres. L'un de vous aimerait-il manger la chair de son frère mort? (Non!) vous en aurez horreur. Et craignez Allah. Car Allah est Grand Accueillant au repentir, Très Miséricordieux.
Coran Al-Hujuraat 49:12 · Traduction Muhammad HamidullahLire dans le Coran

La médisance ne passe pas seulement par des phrases. Une imitation moqueuse, un clin d’œil appuyé, un « je ne dis rien, mais… » ou un « je dis ça pour son bien » devant d’autres personnes peuvent produire le même effet. Le critère reste celui du hadith : la personne serait-elle blessée si elle entendait ?

Colporter et mentir : deux poisons de la confiance

La نَمِيمَة (namîma) consiste à rapporter les paroles de quelqu’un à une autre personne pour semer la discorde : « Tu sais ce qu’il a dit de toi ? » Le Prophète ﷺ a averti que le colporteur n’entrera pas au Paradis ; ce hadith est rapporté par al-Bukhârî et Muslim. Le Coran rappelle d’ailleurs que le Diable cherche justement à semer la discorde entre les gens (17:53).

Le mensonge, lui, ronge peu à peu celui qui le pratique, jusqu’à devenir une seconde nature :

حَدَّثَنَا عُثْمَانُ بْنُ أَبِي شَيْبَةَ، حَدَّثَنَا جَرِيرٌ، عَنْ مَنْصُورٍ، عَنْ أَبِي وَائِلٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ ـ رضى الله عنه ـ عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم قَالَ ‏ "‏ إِنَّ الصِّدْقَ يَهْدِي إِلَى الْبِرِّ، وَإِنَّ الْبِرَّ يَهْدِي إِلَى الْجَنَّةِ، وَإِنَّ الرَّجُلَ لَيَصْدُقُ حَتَّى يَكُونَ صِدِّيقًا، وَإِنَّ الْكَذِبَ يَهْدِي إِلَى الْفُجُورِ، وَإِنَّ الْفُجُورَ يَهْدِي إِلَى النَّارِ، وَإِنَّ الرَّجُلَ لَيَكْذِبُ، حَتَّى يُكْتَبَ عِنْدَ اللَّهِ كَذَّابًا ‏"‏‏.‏

Rapporté par ‘Abdullâh ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée)

Le Prophète ﷺ a dit : « La véracité mène à la piété, et la piété mène au Paradis. L’homme ne cesse de dire la vérité jusqu’à devenir véridique. Le mensonge mène à la perversité, et la perversité mène au Feu. L’homme ne cesse de mentir jusqu’à être inscrit auprès d’Allah comme grand menteur. »
Sahîh al-Bukhârî n° 6094Sahîh (authentique) · al-BukhârîVoir sur sunnah.com
Traduction Tawakoul ; le texte arabe fait référence.

Même le mensonge « pour rire » est concerné : le Prophète ﷺ a garanti une demeure au cœur du Paradis à celui qui délaisse le mensonge, même lorsqu’il plaisante (Abû Dâwûd n° 4800). La sunna connaît toutefois une exception célèbre : celui qui réconcilie les gens en rapportant du bien n’est pas un menteur, selon un hadith rapporté par al-Bukhârî et Muslim. L’étendue exacte de cette permission est discutée par les savants : certains n’autorisent que des formulations ambiguës, d’autres davantage. Dans tous les cas, il s’agit d’apaiser, jamais de tromper pour un intérêt personnel.

Sur les réseaux sociaux : la parole démultipliée

Aujourd’hui, une parole ne se dit plus seulement à voix basse : elle se publie, se capture, se partage à des milliers de personnes. Un commentaire moqueur, une capture d’écran d’une conversation privée ou un message vocal transféré relèvent des mêmes règles que la médisance et le colportage. Le Coran donne une méthode claire face aux nouvelles qui circulent :

يَٰٓأَيُّهَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُوٓا۟ إِن جَآءَكُمْ فَاسِقٌۢ بِنَبَإٍۢ فَتَبَيَّنُوٓا۟ أَن تُصِيبُوا۟ قَوْمًۢا بِجَهَٰلَةٍۢ فَتُصْبِحُوا۟ عَلَىٰ مَا فَعَلْتُمْ نَٰدِمِينَ

O vous qui avez cru! Si un pervers vous apporte une nouvelle, voyez bien clair [de crainte] que par inadvertance vous ne portiez atteinte à des gens et que vous ne regrettiez par la suite ce que vous avez fait.
Coran Al-Hujuraat 49:6 · Traduction Muhammad HamidullahLire dans le Coran

Vérifier avant de relayer, c’est un devoir. Lors de la calomnie dont fut victime ‘Â’isha (qu’Allah l’agrée), le Coran reprocha aux croyants d’avoir colporté la rumeur « avec vos langues », en la jugeant insignifiante « alors qu’auprès d’Allah cela est énorme » (24:15). Appuyer sur « partager », c’est déjà répéter.

Le danger vient souvent des mots lancés sans réfléchir :

حَدَّثَنِي إِبْرَاهِيمُ بْنُ حَمْزَةَ، حَدَّثَنِي ابْنُ أَبِي حَازِمٍ، عَنْ يَزِيدَ، عَنْ مُحَمَّدِ بْنِ إِبْرَاهِيمَ، عَنْ عِيسَى بْنِ طَلْحَةَ التَّيْمِيِّ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، سَمِعَ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَقُولُ ‏ "‏ إِنَّ الْعَبْدَ لَيَتَكَلَّمُ بِالْكَلِمَةِ مَا يَتَبَيَّنُ فِيهَا، يَزِلُّ بِهَا فِي النَّارِ أَبْعَدَ مِمَّا بَيْنَ الْمَشْرِقِ ‏"‏‏.‏

Rapporté par Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée)

Il entendit le Messager d’Allah ﷺ dire : « Il arrive que le serviteur prononce une parole sans en mesurer la portée, et qu’à cause d’elle il glisse dans le Feu plus loin que la distance de l’orient [à l’occident]. »
Sahîh al-Bukhârî n° 6477Sahîh (authentique) · al-BukhârîVoir sur sunnah.com
Traduction Tawakoul ; le texte arabe fait référence.

Le Prophète ﷺ a aussi dit que le croyant n’est « ni calomniateur, ni maudisseur, ni grossier, ni vulgaire » (at-Tirmidhî n° 1977), et qu’une marque de la beauté de l’islam d’une personne est de délaisser ce qui ne la regarde pas (at-Tirmidhî n° 2317). Deux repères précieux avant d’écrire un commentaire.

Quand peut-on parler d’autrui ?

Tenir sa langue ne veut pas dire se taire face à l’injustice. Dans Riyâd as-Sâlihîn, an-Nawawî consacre un chapitre aux situations où il est permis de mentionner les défauts d’une personne, parce qu’un intérêt légitime l’exige :

  • se plaindre d’une injustice auprès de quelqu’un qui peut la faire cesser ;
  • demander de l’aide pour faire cesser un mal ;
  • exposer sa situation à une personne qualifiée pour demander un avis ;
  • mettre en garde quelqu’un, par exemple avant un mariage, une association ou une embauche, lorsqu’on vous demande conseil ;
  • parler de celui qui commet ouvertement un tort, uniquement à propos de ce tort ;
  • désigner quelqu’un par un surnom sous lequel il est connu, sans intention de rabaisser.

Dans ces cas, on ne dit que le nécessaire, avec une intention sincère, sans exagération ni plaisir à raconter.

Réparer et prendre de bonnes habitudes

Quand le Prophète ﷺ énuméra à Mu‘âdh ibn Jabal les piliers de la religion, il termina par la langue :

حَدَّثَنَا ابْنُ أَبِي عُمَرَ، حَدَّثَنَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ مُعَاذٍ الصَّنْعَانِيُّ، عَنْ مَعْمَرٍ، عَنْ عَاصِمِ بْنِ أَبِي النَّجُودِ، عَنْ أَبِي وَائِلٍ، عَنْ مُعَاذِ بْنِ جَبَلٍ، قَالَ كُنْتُ مَعَ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم فِي سَفَرٍ فَأَصْبَحْتُ يَوْمًا قَرِيبًا مِنْهُ وَنَحْنُ نَسِيرُ فَقُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ أَخْبِرْنِي بِعَمَلٍ يُدْخِلُنِي الْجَنَّةَ وَيُبَاعِدُنِي مِنَ النَّارِ ‏.‏ قَالَ ‏"‏ لَقَدْ سَأَلْتَنِي عَنْ عَظِيمٍ وَإِنَّهُ لَيَسِيرٌ عَلَى مَنْ يَسَّرَهُ اللَّهُ عَلَيْهِ تَعْبُدُ اللَّهَ وَلاَ تُشْرِكُ بِهِ شَيْئًا وَتُقِيمُ الصَّلاَةَ وَتُؤْتِي الزَّكَاةَ وَتَصُومُ رَمَضَانَ وَتَحُجُّ الْبَيْتَ ‏"‏ ‏.‏ ثُمَّ قَالَ ‏"‏ أَلاَ أَدُلُّكَ عَلَى أَبْوَابِ الْخَيْرِ الصَّوْمُ جُنَّةٌ وَالصَّدَقَةُ تُطْفِئُ الْخَطِيئَةَ كَمَا يُطْفِئُ الْمَاءُ النَّارَ وَصَلاَةُ الرَّجُلِ مِنْ جَوْفِ اللَّيْلِ ‏"‏ ‏.‏ قَالَ ثُمَّ تَلاََ‏:‏ ‏(‏ تَتَجَافَى جُنُوبُهُمْ عَنِ الْمَضَاجِعِ ‏)‏ حَتَّى بَلَغَ‏:‏ ‏(‏يَعْمَلُونَ‏)‏ ثُمَّ قَالَ ‏"‏ أَلاَ أُخْبِرُكَ بِرَأْسِ الأَمْرِ كُلِّهِ وَعَمُودِهِ وَذِرْوَةِ سَنَامِهِ ‏"‏ ‏.‏ قُلْتُ بَلَى يَا رَسُولَ اللَّهِ ‏.‏ قَالَ ‏"‏ رَأْسُ الأَمْرِ الإِسْلاَمُ وَعَمُودُهُ الصَّلاَةُ وَذِرْوَةُ سَنَامِهِ الْجِهَادُ ‏"‏ ‏.‏ ثُمَّ قَالَ ‏"‏ أَلاَ أُخْبِرُكَ بِمَلاَكِ ذَلِكَ كُلِّهِ ‏"‏ ‏.‏ قُلْتُ بَلَى يَا نَبِيَّ اللَّهِ قَالَ فَأَخَذَ بِلِسَانِهِ قَالَ ‏"‏ كُفَّ عَلَيْكَ هَذَا ‏"‏ ‏.‏ فَقُلْتُ يَا نَبِيَّ اللَّهِ وَإِنَّا لَمُؤَاخَذُونَ بِمَا نَتَكَلَّمُ بِهِ فَقَالَ ‏"‏ ثَكِلَتْكَ أُمُّكَ يَا مُعَاذُ وَهَلْ يَكُبُّ النَّاسَ فِي النَّارِ عَلَى وُجُوهِهِمْ أَوْ عَلَى مَنَاخِرِهِمْ إِلاَّ حَصَائِدُ أَلْسِنَتِهِمْ ‏"‏ ‏.‏ قَالَ أَبُو عِيسَى هَذَا حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ ‏.‏

Rapporté par Mu‘âdh ibn Jabal (qu’Allah l’agrée)

[…] Puis il dit : « Veux-tu que je t’indique ce qui tient tout cela ? » Je répondis : « Oui, ô Messager d’Allah ﷺ. » Il saisit alors sa langue et dit : « Retiens ceci. » Je dis : « Ô Prophète d’Allah ﷺ, serons-nous donc tenus responsables de ce que nous disons ? » Il répondit : « Que ta mère te perde, ô Mu‘âdh ! Qu’est-ce qui fait tomber les gens dans le Feu sur leur visage, ou sur leur nez, sinon les récoltes de leurs langues ? »
Jâmi‘ at-Tirmidhî n° 2616Hasan sahîh · Bashar Awad MaaroufVoir sur sunnah.com
Traduction Tawakoul ; le texte arabe fait référence.

L’expression « que ta mère te perde » est une tournure arabe d’insistance, pas une malédiction. Voici une méthode simple pour progresser :

Étapes

  1. Avant de parler ou de publier, se poser trois questions : est-ce vrai ? est-ce utile ? est-ce que je le dirais devant la personne ?

  2. Quand une conversation glisse vers la médisance, changer de sujet ou dire un bien de la personne absente.

  3. Ne pas transférer un message, une capture ou une rumeur sans en connaître la source et l’utilité.

  4. Après une faute, demander pardon à Allah sincèrement et regretter.

  5. Rétablir la réputation de la personne : dire du bien d’elle là où l’on en a dit du mal, corriger une fausse information.

  6. Remplacer peu à peu les paroles inutiles par le dhikr, une parole bonne ou un silence apaisé.

Avec les enfants, l’exemple fait tout : un parent qui refuse poliment d’écouter une médisance, ou qui dit « on ne parle pas de quelqu’un qui n’est pas là pour se défendre », enseigne plus qu’un long discours.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre la médisance et la calomnie ?

Selon le hadith rapporté par Muslim, la médisance (ghîba) consiste à dire d’une personne absente ce qu’elle détesterait entendre, même si c’est vrai. Si ce que l’on dit est faux, c’est une calomnie (buhtân), ce qui est encore plus grave.

Est-ce de la médisance de parler de quelqu’un sur les réseaux sociaux ?

Les mêmes règles s’appliquent en ligne : un commentaire moqueur, une capture d’écran privée ou une rumeur partagée peuvent être de la médisance ou du colportage. Le Coran demande en plus de vérifier une information avant de la relayer (49:6).

Peut-on parler des défauts de quelqu’un pour mettre en garde ?

Oui, dans certains cas précis rappelés par an-Nawawî : se plaindre d’une injustice, demander de l’aide, demander un avis, mettre en garde avant un mariage ou une association lorsqu’on est consulté. On ne dit alors que le nécessaire, avec une intention sincère.

Le mensonge est-il permis pour plaisanter ?

Le Prophète ﷺ a promis une demeure au Paradis à celui qui délaisse le mensonge même en plaisantant (Abû Dâwûd n° 4800, jugé hasan par al-Albânî). On peut tout à fait faire de l’humour, à condition de ne pas dire de faux ni de se moquer de quelqu’un.

Comment réparer après avoir médit de quelqu’un ?

On se repent sincèrement auprès d’Allah, on cesse, puis on rétablit la réputation de la personne en disant du bien d’elle. Les savants divergent sur l’obligation de l’informer pour lui demander pardon ; pour une situation précise, demandez conseil à une personne qualifiée.

Mots arabes de cet article

Ghîba غيبة
La médisance : mentionner une personne absente par ce qu’elle détesterait entendre, même si c’est vrai.
Buhtân بهتان
La calomnie : attribuer à quelqu’un un défaut ou un acte qu’il n’a pas.
Namîma نميمة
Le colportage : rapporter les paroles des uns aux autres pour semer la discorde.
Kadhib كذب
Le mensonge : dire volontairement le contraire de la vérité.
Sidq صدق
La véracité : dire vrai et agir en accord avec ce que l’on dit.
Dhikr ذكر
L’évocation d’Allah par la langue et le cœur, meilleure occupation pour une langue au repos.
Glossaire

Sources et références

Chaque référence a été contrôlée automatiquement : existence du verset ou du hadith, numérotation sunnah.com, degré d’authenticité selon les savants.

  1. Coran 49:12Vérifiéquran.com
  2. Coran 49:6Vérifiéquran.com
  3. Coran 50:18Vérifiéchaque parole est inscritequran.com
  4. Coran 24:15Vérifiéla rumeur colportée « avec vos langues »quran.com
  5. Coran 17:53Vérifiédire les meilleures paroles ; le Diable sème la discordequran.com
  6. Sahîh al-Bukhârî n° 6475Sahîh (authentique) · al-Bukhârî (recueil authentique par consensus)VérifiéVoir sur sunnah.com
  7. Sahîh al-Bukhârî n° 10Sahîh (authentique) · al-Bukhârî (recueil authentique par consensus)VérifiéVoir sur sunnah.com
  8. Sahîh Muslim n° 2589aSahîh (authentique) · Muslim (recueil authentique par consensus)VérifiéVoir sur sunnah.com
  9. Sahîh al-Bukhârî n° 6094Sahîh (authentique) · al-Bukhârî et Muslim (muttafaq ‘alayh, Muslim n° 2607)VérifiéVoir sur sunnah.com
  10. Sahîh al-Bukhârî n° 6477Sahîh (authentique) · al-Bukhârî et Muslim (muttafaq ‘alayh)VérifiéVoir sur sunnah.com
  11. Jâmi‘ at-Tirmidhî n° 2616Hasan sahîh · Bashshâr ‘Awwâd Ma‘rûfVérifiéVoir sur sunnah.com
  12. Sunan Abî Dâwûd n° 4800Hasan (bon) · al-AlbânîVérifiéVoir sur sunnah.com
  13. Jâmi‘ at-Tirmidhî n° 1977Hasan (bon) · Bashshâr ‘Awwâd Ma‘rûfVérifiéVoir sur sunnah.com
  14. Jâmi‘ at-Tirmidhî n° 2317Hasan (bon) · Bashshâr ‘Awwâd Ma‘rûfVérifiéVoir sur sunnah.com
  15. Sahîh al-Bukhârî n° 6056Sahîh (authentique) · al-Bukhârî et Muslim (muttafaq ‘alayh)Vérifiéle colporteur n’entrera pas au ParadisVoir sur sunnah.com
  16. Sahîh al-Bukhârî n° 2692Sahîh (authentique) · al-Bukhârî et Muslim (muttafaq ‘alayh)Vérifiécelui qui réconcilie les gens n’est pas un menteurVoir sur sunnah.com
  17. Riyâd as-Sâlihîn, chapitres sur la médisance et ce qui en est permis — an-NawawîRéférence bibliographiquesunnah.com

Dans l’application

Cet article est une synthèse pédagogique : il résume des sources vérifiées et ne constitue pas une fatwa. Les détails de pratique peuvent varier selon les écoles. Pour une situation personnelle, consultez une personne qualifiée. Signaler une erreur